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L’urbanisme temporaire, la nouvelle vie de nos espaces vacants

L’urbanisme temporaire représente une solution audacieuse, capable de faire revivre des espaces disponibles au bénéfice de tous. Pourvu qu’une mesure d’impact et qu’un dialogue entre les acteurs s’organisent dès le début. Grâce aux initiatives pionnières menées ensemble, nous sommes convaincus que l’urbanisme temporaire fait partie des solutions à déployer à grande échelle dans l’urbanisme de demain.

L’occupation de lieux de manière temporaire amène à des solutions durables face aux enjeux sociaux, environnementaux, culturels et économiques de la ville de demain. Et si l’on s’organisait enfin pour engager une transformation urbaine positive et innovante.

C’est ainsi que d’un côté, l’on dénombre près de 30 000 personnes hébergées chaque jour en Ile-de-France par le Samu social à l’hôtel faute de place. Et de l’autre, des espaces vacants qui font soit l’objet d’occupations illégales dans des conditions sanitaires indignes soit sont gardés par des sociétés de sécurité sans occupation des lieux. Cette situation absurde se retrouve un peu partout dans la capitale… Et ne peut durer.

C’est pourquoi avec un lieu de 4700 m² inoccupé au cœur de Paris, dans le Vème arrondissement, non pollué, aménageable à moindre coût, et vide durant plus de deux ans car en attente de permis de construire, nous avons redonné une vie à ce lieu en développant un projet d’urbanisme temporaire inédit en :

accueillant 47 structures (associations, start up, artistes, artisans) permettant de soutenir l’économie locale,
créant 12 places d’hébergement individuel pendant 25 mois pour loger des personnes en situation de précarité ou d’exclusion,
innovant avec le premier projet de théâtre immersif à Paris, où plus de 10000 spectateurs sont venus déambuler avec les acteurs sur scène.

A Bagnolet, c’est un lieu de 3000 m² vacant à Bagnolet qui est devenu un écosystème de 60 artistes. Pendant 2 ans, entre 2017 et 2018, près de 14 000 visiteurs ont été reçus et 572 artistes ont été invités.

 

Comment s’étonner, dans ces conditions, que le comité Paris 2024 ait expressément demandé que les chantiers à conduire dans le cadre de la préparation des JO soient générateurs de sites ouverts à l’occupation temporaire ?

Ces expériences, inhabituelles pour un acteur privé, ouvrent la voie à un urbanisme plus humain et dynamique. Déployons-les à plus grande échelle. Soyons ingénieux, inventons ensemble, partout dans nos villes et nos quartiers des modèles innovants, associant le social, l’économique et le culturel.

Nous pouvons le faire partout où le foncier coûte cher et là où l’urgence du mal logement (infographie à venir) devient un problème pour tous.

Nous appelons l’ensemble des acteurs à se mobiliser pour que l’urbanisme temporaire devienne une pratique courante de transformation urbaine dans le cadre d’appels d’offres public et privé.

Nous souhaitons la mise en place d’un système de mesure d’impact, à partir des retours d’expérience réalisés, doté d’un référentiel commun à l’usage de ceux qui construisent la ville de demain.

Nous croyons que l’occupation temporaire valorise et enrichit les projets d’aménagement des lieux en vue de leur occupation future.

Nous voulons, par conséquent, élargir le champ de réflexion de la transformation urbaine et saisir toutes les opportunités de répondre aux enjeux sociaux, économiques et environnementaux actuels, grâce à cette approche globale et collective.

Liste de signataires :

Joachim Azan
Président Fondateur – Groupe Novaxia
Eric Pliez
Directeur Général – Aurore, Association reconnue d’utilité publique depuis 1871
Simon Laisney
Directeur Général – Plateau Urbain
Nelson Pernisco
Fondateur – Collectif le Wonder
Loïs Moulas
Directeur Général – Observatoire de l’immobilier durable
Léonard Matton
Compagnie A2R, créatrice du projet de théâtre immersif Le Secret au sein des Petites Serres

* Sources de ces mesures d’impact : EY (Ernst & Young et Associés). Elles sont issues des projets d’urbanisme temporaires soutenus et accueillis dans les sites urbains vacants de Novaxia, rue Lacépède avec le projet des petites serres (4 700 m²) et à Bagnolet, dans l’immeuble « Wonder » (3000m²).
Sources de l’infographie : GIE Immostat, « Résultats ImmoStat pour le T1 2019 », Avril 2019 & Fondation Abbé Pierre, « L’état du mal-logement en France 2017 – Rapport annuel #22 », Janvier 2017

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