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« Urban AI » : un tour du monde des villes intelligentes

Parrainé par Novaxia en 2019 dans le cadre de son projet Smart World, cet étudiant de l’em Lyon passionné de nouvelles technologies s’est lancé le défi de mener un tour du monde l’intelligence artificielle dans la ville. Quels sont ses utilisations en contexte urbain ? Comment les villes s’approprient-elle cette technologie ? Qu’est ce que l’IA urbaine ? Après un voyage exploratoire de 6 mois à l’étranger à la rencontre de 120 chefs d’entreprises, chercheurs, élus et scientifiques pour comprendre comment l’IA peut résoudre des problématiques urbaines, il publie aujourd’hui son rapport « URBAN AI », qui fait état de ses découvertes à travers le monde. 

L’ouvrage est préfacé par Mathieu Descout, Directeur Général de Novaxia Investissement, qui rappelle combien l’IA représente un levier précieux pour nous aider à conduire une régénération urbaine vertueuse pour tous.

Lire le rapport d’Hubert Beroche

Intelligence artificielle ville_Novaxia

Ouvrons le champ des possibilités architecturales

Mathieu Descout, Directeur Général de Novaxia Investissement

Nous connaissons aujourd’hui un effet ciseaux. Le pragmatisme écologique nous pousse à aménager en capitalisant sur l’existant grâce à la transformation urbaine et la rationalisation des mètres carrés. Or, si le bon sens veut que nous nous détournions totalement de la construction de bâtiments neufs, la pression démographique et les flux migratoires nous conduisent à produire des logements, pour pouvoir faire cohabiter toujours plus de personnes et d’usages. 

De plus, la crise sanitaire que le monde traverse a un impact sur l’aménagement des villes et les modes de vie des habitants. Des milliers de mètres carrés de bureaux ont été laissés vacants pendant plusieurs mois à partir de l’annonce du confinement par le Gouvernement, et les salons des Françaises et des Français ont pris des allures d’open-space. De nombreuses collectivités, associations et entreprises se sont organisées pour réquisitionner des bâtiments désertés de leurs utilisateurs habituels afin de les mettre à disposition de celles et ceux qui en avaient besoin. Ces modèles, bien mieux adaptés aux modes de vie contemporains peuvent être imaginés pour durer. Et si demain, les salons étaient imaginés pour pouvoir se muter en une salle de réunion ? Et si demain, chaque mètre carré vacant, pour quelques heures ou depuis plusieurs années, pouvait être réattribué et répondre ainsi à un usage ou un besoin jusqu’alors inexistant ou ignoré ?  

Nous, acteurs de la ville, avons la responsabilité de nous engager dans l’avenir au travers de nouveaux modes de construction. Nous devons imaginer le bâti réversible pour augmenter sa capacité à relever les grands défis des villes de demain. Le bâtiment doit être le plus résilient possible, et être conçu de manière à avoir plusieurs vies, plusieurs temporalités. L’intelligence artificielle représente un levier précieux pour nous aider à conduire cette régénération urbaine, en absorbant une importante quantité de data, liées aux matériaux, à l’environnement, aux coûts, aux usages, aux systèmes de fabrication, aux profils des usagers et des habitants des territoires…

L’IA s’impose comme un renfort évident pour l’ingénieur, elle l’aide à se fixer des règles d’or compte tenu de la forme des bâtiments. La modélisation paramétrique, par exemple, permet aussi bien de concevoir des bâtiments modulaires et modulables, adaptables, que d’optimiser les espaces et l’utilisation des matériaux. Loin d’uniformiser la construction, l’utilisation de ces outils numériques ouvre le champ des possibilités architecturales. 

L’introduction des algorithmes dans la conception des bâtiments présage un renouveau du métier d’architecte. Le pari est lancé : l’architecte de demain sera un architecte « augmenté ». Si l’intelligence artificielle intervient sur la structure des villes et des bâtiments, autrement dit sur « l’intra-muros », le rôle de l’architecte sera celui d’un artiste. Guidé par la recherche de la beauté et de l’esthétique des bâtiments, il sera le garant de l’émotion procurée par l’objet. Ces paramètres « sensibles », incalculables par les machines et impossibles à quantifier, nous protègent par ailleurs du risque d’une ville sur-optimisée qui ne réponde plus aux besoins de ses habitants.

L’IA prouve déjà son utilité quant à la décarbonisation des villes : optimisation des ressources et des consommations d’énergie, optimisation des espaces pour dégager des mètres carrés d’espaces verts…  Si elle ne rend pas la ville « belle », elle doit nous aider à faire de l’utile, à identifier les carences des territoires et à en explorer les ressources cachées. Car encore plus qu’en ville, l’innovation doit être au cœur de la réflexion dans les campagnes, bourgs, villages. L’obsolescence de ces territoires délaissés est constatée. Nous avons l’obligation de se les réapproprier. L’innovation urbaine au service de l’aménagement et du citoyen doit s’y exprimer. 

Cependant, cet aménagement 2.0 ne pourra se faire qu’avec les Hommes qui y vivent et qui souhaitent y participer. La data peut permettre une meilleure conception de la ville. Elle peut permettre de comprendre les besoins de chacun selon son profil et son territoire. Servons-nous-en ! Ensemble, donnons-nous les moyens de faire de nos villes, les villes dont nous rêvons !

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